Après Nicolas Demorand et son trouble bi-polaire, c’est autour de Maïtena Biraben de dévoiler son autisme. Cela me questionne sur bien des points, est-ce que ce coup de projecteur peut concourir à la déstigmatisation des troubles psychiatriques ou neuro-développementaux ? Quelle est la réalité des autres personnes atteintes d’une maladie ou troubles ?
Je suis très mal à l’aise avec les paroles de de Nicolas Demorand « Je suis un malade mental. C’est un malade mental, ok, mais est-il aussi facile pour les centaines de milliers d’autres porteurs d’un trouble psychiatrique de verbaliser avec autant de transparence et de simplicité ? Je n’en suis pas sûr. À titre personnel, je ne me vois pas dire à mon employeur, à mes collègues, mes copains·ines, cette phrase choc. Sur le principe nous devrions pouvoir être transparents mais je crois que la société n’est pas prête à l’entendre en tout cas pour les personnes non-publiques. De plus, il n’est pas rare d’entendre dans la bouche de journalistes, hommes / femmes politiques et autres personnalités des propos limites sur la maladie par ignorance ou autres raccourcis stigmatisants : « Il est dingue, il est asperger… », un ancien ministre de l’éducation.
Si je suis assez ambivalent sur ces prise de paroles récentes, de Maïtena Biraben pour son diagnostic tardif d’autisme et de Nicolas Demorand, je pense aussi qu’elles ont toutes leur place si on les place dans la même perspective que les politiques autour de la santé mentale et les tiers-lieux qui en découlent ou non. La santé mentale a été désignée grande cause nationale en 2025, la pair-aidance s’implante de plus en plus sur le territoire avec la Maison Perchée comme figure de proue, les entreprises commencent à prendre en compte la santé mentale autant de signes qui prêtent à l’optimisme. Aujourd’hui il manque de médecins dont des psychiatres, il manque des lits, des lieux d’accueil, un asile (dans le sens de lieu refuge qui a une portée sociale).
Quand la parole sera donnée à un plus grand nombre de personnes précaires, fragiles alors les propos des personnalités auront encore plus de force car elles mettront en avant les autres réalités car elles s’inscriront dans un courant déjà bien établi.